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  • Michel Kafando, Special Envoy of the Secretary-General for Burundi, briefs the Security Council meeting on the situation in Burundi.
Security Council considers situation in Burundi. UN Photo/Eskinder Debebe

Security Council Briefing on the Situation in Burundi, Special Envoy Michel Kafando

Monsieur le Président,

Je voudrais, pour commencer, vous adresser mes vives félicitations pour votre accession à la présidence du conseil, pour ce mois d’août. Je vous remercie pour l’opportunité que vous me donnez de vous briefer à nouveau le Conseil sur la situation au Burundi. Je tiens également à saluer, tous les autres membres du Conseil pour leur engagement continu en faveur de la paix internationale.

 

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs membres du Conseil,

Le 7 juin 2018, à l’issue du referendum constitutionnel du 17 mai 2018, le Chef de l’Etat du Burundi, le Président Pierre Nkurunziza, a promulgué solennellement la nouvelle Constitution adoptée par le peuple burundais à plus de 73%. En cette occasion, il a annoncé officiellement la fin de son mandat pour 2020 et son engagement à apporter tout son soutien au nouveau Président qui sera élu.

 Dans nos efforts pour aider ce pays frère à régler définitivement la crise, ce sont là deux actes majeurs dont nous devons souligner l’importance et qui nous nous offrent une opportunité à saisir pour aller de l’avant dans le règlement définitif de la question burundaise.

 

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

 En particulier, nous pensons qu’ensemble, le Gouvernement et la classe politique burundaise devraient saisir l’opportunité de cette nouvelle dynamique, pour œuvrer  à la création d’un nouvel environnement politique, propice à la consolidation de l’unité nationale et à la paix.  L’atelier d’échanges des leaders politiques tenue le 3 Aout à Kayanza, Burundi à l’initiative du Ministre de l’Intérieur, et qui a abouti à l’adoption d’une feuille de route pour les élections de 2020 rentre dans cette logique et mérite nos encouragements. Au demeurant, voilà une initiative que le gouvernement devrait retenir dans la perspective du dialogue inter-burundais pour assurer la meilleure participation possible de toutes les parties prenantes.

 

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

Depuis mon dernier briefing le 24 mai dernier, j’ai entrepris, dans le cadre de mon mandat, des visites dans la sous-région, notamment au Facilitateur Benjamin Mkapa, à Dar es Salam et au Médiateur, le Président Yoweri Museveni, à Kampala. Au Médiateur, j’ai remis un message écrit du Secrétaire général des NU ainsi qu’un mémorandum portant sur des propositions concrètes portant, à la fois sur le processus de dialogue et sur des initiatives que certains garants de l’Accord d’Arusha devraient prendre, en vue de réaffirmer l’importance capitale de cet Accord historique qui, on le sait, et à la base de la paix dans cette partie du continent. A l’issue des entretiens, le Médiateur et le Facilitateur m’ont réaffirmé leur engagement à relancer le dialogue dans les plus brefs délais. Le Médiateur s’engageant, en particulier à organiser un sommet extraordinaire de la Communauté de l’Afrique de l’Est sur la question.

Toujours, dans les mêmes préoccupations, j’envisage un déplacement au Burundi au début du mois octobre.

 

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, les Membres du Conseil,

Au cours des derniers briefings, votre Conseil a été informé de l’amélioration constante de la situation sécuritaire au Burundi.  Effectivement, depuis le referendum constitutionnel, et mises à part les quelques contestations de l’opposition, la situation demeure calme. Il y a donc lieu de saluer les efforts du gouvernement et de l’encourager à toujours demeurer vigilant.

De la même manière et s’agissant de la situation humanitaire, il faut saluer les efforts déployés par le Burundi et la Tanzanie, avec l’appui du HCR, qui ont permis, depuis septembre 2017, le rapatriement volontaire de quelques 35, 000 réfugiés Burundais. Ces efforts doivent se poursuivre et toujours dans le respect du principe du rapatriement volontaire et avec la garantie de l’insertion et de la réintégration des rapatriés dans les communautés d’accueil, en toute dignité.   Sur le plan de la coopération bilatérale et multilatérale, plusieurs délégations de haut niveau de pays et d’organisations internationales ont visité le Burundi ces derniers temps.  Nous avons noté entre autres, des délégations de l’Union des Parlementaires Africains (UPA), de l’Association des Ombudsmans et Médiateurs Africains (AOMA), du Forum des Parlementaires de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs, et de l’Union Interparlementaire de l’Organisation Internationale de la Francophonie.  Aujourd’hui Bujumbura accueille le Forum des Femmes pour la paix et la sécurité pour the RDC et les Grand lacs organise sous l’égide de L’Envoyé Spécial de L’ONU sur les Grands Lacs.  Ces visites je le crois, traduisent certainement la volonté du gouvernement du Burundi d’améliorer ses relations avec la communauté internationale. Sur cette base et profitant de cette décrispation, Il faut vivement espérer que le Burundi et l’Union européenne renouent au plus vite le dialogue en vue de la reprise de leur coopération financière. Nous les y encourageons, nous y poussons même, persuadés que les sanctions ne sont pas toujours l’idéale solution.

 J’en appelle par ailleurs aux autorités burundaises pour qu’elles finalisent la discussion sur le Mémorandum d’entente avec le Bureau du Haut-commissaire aux Droits de l’homme au Burundi et acceptent enfin de signer l’accord de siège afin de permettre à mon Bureau à Bujumbura de fonctionner dans de meilleures conditions.

 

Monsieur le Président,

Ma dernière requête sera de prier le Conseil de réitérer son appel à tous les protagonistes de la crise burundaise pour qu’ils participent de bonne foi, au prochain dialogue, le cinquième du genre et probablement le dernier, qu’avec le Médiateur et le Facilitateur et l’Union Africaine, nous nous attelons à organiser bientôt.

Je vous remercie.